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Je me souviens d'Auschwitz

Créé le mercredi 5 février 2014 Mis à jour le mardi 12 avril 2016 Publié le mercredi 5 février 2014

Je me souviens d'Auschwitz...

Paul Sobol

Un témoignage poignant et édifiant.

Ce lundi 3 février 2014, les élèves de 5 ème orientation sciences sociales se sont réunis dans la salle d'étude pour rencontrer Monsieur Pol Sobol, rescapé d'Auschwitz qui leur a fait l'honneur de sa visite.

 

 

 

Une vie bouleversée

Tout d'abord, les yeux fermés, pendant près de 10 minutes, les étudiants ont écouté avec attention et respect les débuts dans la vie de Pol Sobol.
Né à Paris, d'un père d'origine polonaise et d'une mère d'origine russe, Pol migre lorsqu'il est âgé d'un an et demi vers la Belgique. Son père y a trouvé un emploi d'ouvrier fourreur. Deux autres enfants naîtront dans la famille. Pol vit la jeunesse d'un enfant de milieu modeste, il quitte l'école assez tôt pour amener un salaire supplémentaire à la famille. Il aime le sport, il fréquente une bande d'amis de la petite bourgeoisie catholique et est amoureux de Nelly. C'est un jeune comme tant d'autres, pourtant sa famille, d'origine juive mais non pratiquante, se voit contrainte de déménager et de vivre la clandestinité dès 42. En 44, ils sont découverts et regroupés à la caserne Dossin avant d'être déportés.

Après un pénible voyage en train vers une destination inconnue, la famille arrive de nuit dans le camp d'Auschwitz, Pol et son père se retrouvent en quarantaine, dans l'attente d'un hypothétique travail. Ils sont séparés des autres membres de la famille.
Au – delà de l'expérience personnelle, ce témoin a décrit le fonctionnement du camp : la destruction massive des “improductifs” et les traitements dégradants et inhumains, les déportés d'origines diverses considérés comme des sous – hommes, de la matière, des outils au service de la production industrielle nazie. L'entreprise de déshumanisation est à l’œuvre. Tous sont rasés, vêtus d'un uniforme inadapté au climat, porteurs de signes distinctifs qui marquent leur origine et leur hiérarchie. Le prénom disparaît remplacé p
ar un numéro tatoué sur l'avant – bras. Pol sera le B 3635. Sa vie est celle d'un esclave. Travaillant dans un atelier de menuiserie, le don du dessin lui permettra d'obtenir la protection d'un kapo.

Pol Sobol a également décrit la fermeture du camp et les nombreuses épreuves traversées avant le retour à Bruxelles. Son espoir de retrouver sa famille sera vain, seule sa sœur rentrera en Belgique. Jamais ils ne reverront leurs parents ni leur petit frère.

Un exemple édifiant

Après avoir évoqué l'enfer, eut lieu un bref échange avec les étudiants. Pol Sobol enchaîna en évoquant sa reconstruction physique et morale. Dans un premier temps, après la vie totalement programmée du camp, la liberté a été douloureuse et dangereuse. Le jeune Pol a dû répondre à tous ses besoins vitaux : se loger, se nourrir, se reconstruire physiquement et moralement. Il demandera de l'aide à l'armée, aux militants socialistes, et à la JOC.

Pol Sobol va se former et son goût pour le dessin l'orientera vers l'imprimerie et la publicité.Le travail lui permettra d'épouser son amie de jeunesse Nelly et de fonder une famille. Pol Sobol a mené une carrière dans la publicité et le marketing digne d'admiration. Il s'est passionné pour la plongée sous – marine et a contribué au développement de cette discipline en Belgique mais aussi en Turquie et en Egypte.

Il passera sous silence les difficiles années de sa jeunesse jusqu'en 1987. Parti avec la fondation Auchwitz et quelques enseignants, il effectuera ce retour avec sa sœur pour se recueillir ensemble sur ce qui sert de tombe à leurs parents et à leur petit frère. Près de 40 ans après les faits, Pol témoignera devant de nombreux publics, surtout des jeunes.

Un homme debout

La séance s'est clôturée par un échange. A la question de son ressenti à l'égard des Allemands, le témoin a répondu qu'il ne vivait pas dans la haine, qu'une vie de haine n'avait pas de sens. Dans cette période proche des élections, Pol Sobol a rappelé l'importance du vote de chaque électeur.

Aujourd'hui Pol Sobol est un homme toujours en projet bien qu'il ait dépassé les 80 ans. Ses séances de gymnastique quotidiennes lui permettent de garder la musculature suffisante pour rester debout face à un public pendant plus de deux heures.

Le message ultime de Pol Sobol aux jeunes est de mettre en œuvre les ressources insoupçonnées qu'ils ont en eux pour se réaliser et vivre leur vie adulte.

Un auditoire ému et empathique

Touchés et émus, les élèves et les professeurs sont sortis de la salle d'étude transformés par le témoignage de ce petit homme.